Où la gastronomie amène à connaître la géographie

Manger dans un restaurant japonais réputé n’est pas une affaire simple. D’abord parce qu’ils sont réservés longtemps â l’avance et que la réservation n’est généralement pas possible depuis l’étranger (de plus le site est souvent uniquement en japonais). Il faut donc passer par le concierge de l’hôtel, mais si vous ne restez pas un mois au Japon, difficile de réserver suffisamment longtemps à l’avance!

J’ai eu la chance de parler avec le maître d’hôtel du bar-restaurant de l’hôtel #2. Nous avons discuté gastronomie française. Il venait de faire les vendanges en Bourgogne et proposait à la carte du bar des fromages français: munster, camembert. époisses et autres (plutôt étrange dans un bar à cocktails). Il semblait m’avoir à la bonne.

Je voulais aller manger la tempura dans un des meilleurs restaurants de Tokyo proposant ces beignets. Sacré défi! Vous pensez certainement que j’exagère en disant que tout est compliqué. En fait, pas tellement. Parce qu’il ne suffit pas d’être Japonais et de parler japonais pour que les choses soient forcément plus simples. Il a pris le téléphone pour réserver pour moi pour le soir même ou le lendemain. La tâche ne semblait pas l’effrayer. Il a quand même appelé quatre fois et les conversations étaient plutôt longues. J’étais un peu mal à l’aise, comme lorsque les choses prennent des proportions que l’on ne soupçonnait pas et que l’on aimerait rentrer dans sa coquille. Il a dû épeler mon nom et prénom presque à chaque fois qu’il appelait. Il a dû donner mon numéro de chambre, tout juste s’il n’a pas dû donner mon numéro de passeport. Trois quarts d’heure après, il me notait fièrement la réservation sur un bout de papier ( il a fallu qu’il cherche le bout de papier et s’absente de longues minutes.

Et c’est là que le lendemain je vis une nouvelle situation qui montre que les Japonais ne se débrouillent pas forcément mieux que les Gaijins. 

Je suis en retard, parce que je me suis trompé d’entrée de métro et que j’ai pris une entrée des chemins de fer. Je vous expliquerai peut-être une fois les subtilités des transports publics. Donc j’étais en retard et là, fatale idée,  je vois une station de taxis. Je monte dans la première voiture et donne un papier avec le nom et l’adresse du restaurant au chauffeur. Après qu’il ait consulté son GPS, il sort parler avec le taxi derrière. Je commence à m’inquiéter. Ils finiront par discuter à quatre. Après 10 minutes le chauffeur part. Impossible de s’échapper. 

 

Et cinq minutes après être partis, il me demande le numéro de téléphone du restaurant. Très bon exercice pour réviser les nombres en japonais. Je dois répéter plusieurs fois. Il appelle.

La suite est là (ça vous fait une promenade dans Tōkyō):

Je finirai par lui donner des directions avec le GPS de l’iPhone (il aura quand même rapellé le restaurant encore une fois et un employé m’attendra dans la rue le portable à la main.

Et le restaurant?

Cela s’appelle Mikawa Zezankyo, et c’était magnifique! Je n’aime pas faire des photos de ce que je mange. Mais après une heure et demie de petits beignets se succédant et un peu de saké, nous avons fraternisé avec les deux clients japonais à notre droite, deux Chinois de Shanghai et moi (le restaurant n’a que 10 places autour d’un comptoir.

Donc quelques photos à l’arrivée lors des préparations du maître et son assistant. Et à la fin. Nous avions tous sorti nos portables pour chercher des traductions.

La table avant de commencer à être servi.

  

    

La préparation de la pâte, tout est dans le geste du tamis.

 

 

 

Un des deux serveurs. Il nous montrera la collection de verres à saké.

   

Mon voisin me montre la photo de la sculpture qu’il a achetée, le même phénix (d’un temple de Kyoto) que celui qui figure sur le billet de banque de 10’000 yens.

 

Le maître nous dédicacera le menu, magnifique dépliant tracé à la plume-pinceau.

 

  

  

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2 réflexions sur “Où la gastronomie amène à connaître la géographie

  1. Marion Droz dit :

    J’espère que tu auras bien observé et enregistré tous les détails pour nous faire une démonstration à ton retour. C’est vrai que le menu est une véritable oeuvre d’art, mais ce que j’aime particulièrement c’est le plat utilisé par le maître pour la préparation de la pâte à beignets. Si tu pouvais en glisser un dans ta valise pour moi, je serais ravie…
    Hormis les expériences culinaires et de déplacements, as tu d’autres choses à ton programme?

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    • Philippe dit :

      Oui, mais je dois dire que je prends un peu de retard dans ce blog! Il fait un tel temps de cochon que les visites culturelles à l’extérieur sont plutôt rapides. Mais ça va venir…

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