Archives du 11 avril 2015

Hôtel #3

Je ne vais pas vous bassiner avec des chambres d’hôtel, mais si elles se succèdent un peu trop rapidement à mon goût (faire et défaire continuellement la valise) elles permettent de découvrir plein d’endroits différents.

Je passe sous silence l’hôtel # 2, le Parkside d’Ueno avec sa chambre triste à l’unique vitre en verre sécurisé recouverte de condensation, son odeur de fumée froide et son aspect vétuste. Seul aspect plaisant, son bar désuet au dernier étage donnant sur le plan d’eau d’Ueno, sa pianiste de bar et son maître d’hôtel déjà mentionné.

L’hôtel #3 se trouve en grande banlieue de Kyoto, à 21 minutes de train express. La ville s’appelle Minamu-Kusatsu et organise tout un quartier neuf autour de la gare, une ville apparemment sans âme à l’architecture brutale.

J’arrive au crépuscule. Sur le parking, un politicien harangue les banlieusards pressés de rentrer chez eux. Ses militants salent incessamment de la main. Ce sont les élections locales, les candidats veulent faire preuve de proximité, mais c’est l’effet inverse qui se produit, c’est surréaliste!

Je n’arrête pas d’en voir, comme ceux-ci. Ça pourrait faire une belle série de reportage.

Pour revenir à l’hôtel, ce sera un hôtel impersonnel pour les salaryman ou businessman, mais impeccablement neuf. Une impression étrange d’être nulle part, des codes familiers mais un sentiment d’Unheimliche, l’inquiétante étrangeté.

Les fenêtres  des chambres au nord, dont la mienne, donnent sur un autre gigantesque immeuble. Pour éviter les regards indiscrets, je suppose, la vitre est dépolie. Même s’il y a des rideaux.

Chaque étage dispose d’une pièce avec les incontournables distributeurs de boissons et les machines à laver.

Des lumières rouges rassurent sur la prévention des incendies. On ne prend pas de risque dans ce pays exposé au risque.

Dans ce désert minéral, de Kusatsu, je découvre un merveilleux restaurant, chaleureux, avec un cuisinier qui m’improvise plein de plats.

Les trains pour se rendre à Kyoto sont pleins de commuters, qui s’endorment ou regardent leur portable. Presque aucun étranger. Je suis  content de loger à Kusatsu plutôt que dans un hôtel à Kyoto qui pourrait être plus proche en distance mais aussi plus long à atteindre en bus. Je vois le paysage qui défile. Des petites maisons toutes semblables, des entrepôts, des petites industries, un paysage bas qui contraste avec Tokyo, mais aussi avec le centre de Kyoto.

    

Un sage lit! Et me fait penser â ce tableau vu au musée d’art moderne de Kyoto.

  

 

Le train était arrivé au terminus. La jeune femme dormait. Le wagon était presque vide. Je me demandais si quelqu’un allait la réveiller…

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Ballet urbain

Une pause sans paroles.

Un carrefour, deux petites rues où les feux ne protègent pas suffisamment les piétons, une sortie de gare routière, des vélos (qui au Japon roulent sur les trottoirs! Il faut vraiment être sur ses gardes!) et quatre agents de police respectueux qui se livrent à un drôle de ballet pour être courtois avec chacun.

🌺🌺🌺 Hanami 🌺🌺🌺

Je ne vous surprend pas en vous disant que les cerisiers en fleurs sont un objet de quasi vénération au Japon.

Les trains sont aussi un objet de fierté et de fascination pour certains Japonais, et j’ai vu à la gare un livre ne montrant que des images de trains passant au milieu des cerisiers!

Je suis arrivé un peu trop tard pour la pleine floraison, les feuilles commençant déjà largement à pousser sur certains arbres. Et puis la pluie n’aide évidemment pas.

Donc, on ne rigole pas avec ce genre de choses et vous trouverez les prévisions cerisiers sur Internet, par exemple ici: Sakura Weathermap.

 

Donc pour Tokyo et Kyoto, c’était prévu autour du 25 mars, mais je ne crois pas que mon directeur m’aurait accordé un congé pour partir plus tôt. Et je n’ai pas le temps de monter dans le nord (pour faire un peu de géographie, vous remarquerez les différences d’amplitude entre sud et nord et entre est et ouest.

La fleur de cerisier évoque la beauté éphémère et la finitude de la vie, mais a aussi pu être utilisé comme symbole nationaliste (lycéennes saluant le départ d’un kamikaze avec des branches de cerisier. Source à vérifier).

Aller voir les cerisiers en fleurs (hanami shimas) est une tradition, une excursion et un moment rituel dans l’existence. On déploie une bâche sous les cerisiers dans les parcs publics pour s’y asseoir et pique-niquer entre amis (lorsqu’il ne pleut pas!).

Ma première découverte des cerisiers s’est déroulée au parc d’Ueno, célèbre pour le hanami.

C’est aussi un parc célèbre pour ses cygnes!

Partout des panneaux rappellent les recommandations sur le comportement à adopter envers les cerisiers.

Parce que les touristes déploient les stratégies les plus invraisemblables pour se photographier.

  

 

J’ai même hésité à m’acheter un selfie-stick Hello Kitty pour m’immortaliser, pink sur pink!

Comme il est déjà deux heures (du mat), je vous livre des images de cerisiers que j’ai prises ici et là dans Tokyo et Kyoto, et dans les musées de ces deux villes. Â vous de faire le tri!

  

                

Ça valait la peine d’attendre, non?

Vous me connaissez, je cherche toujours à voir l’autre côté des choses. Et dans le parc d’Ueno, on observe d’étranges emballages entre art brut, Hirschorn et Arte povera.

 

Les parcs de Tokyo abritent des clochards.

  

Pendant que d’autres photographient leur humanité qui nourrit les pigeons.

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