Archives du 14 avril 2015

La pluie se dit ame en japonais, et le kanji est très joli et suggestif.

La forte pluie se dit ōame, 大雨, le kanji 大voulant dire grand.

La bruine se dit kunkāme, 小糠雨, le kanji 小 signifiant petit et 糠 le son de blé.

La saison des pluies se dit tsuyu, 梅雨, le kanji 梅 signifiant prune. C’est à la saison des prunes qu’il y a le plus de pluie, de début juin à mi-juillet (vu le temps qu’il fait depuis dix jours, qu’est-ce que ça doit être!). Il fait très humide et on doit aérer les pièces pour éviter les moisissures. D’ailleurs à l’hôtel, il y a un avis dans la chambre (et c’est un hôtel quatre étoiles!):

Et c’est vrai! Je ne sais pas si c’était plus mouillé dehors ou dedans!

S’abriter de la pluie se dit amayadori, 雨宿り, le kanji 宿 signifiant l’auberge.

On pourrait continuer longtemps comme ça, mais vous avez compris le principe et la poésie de l’idéogramme.

La pluie et la créativité des Japonais ont instauré un certain nombre d’usages pour s’accommoder des conditions météo.

Vous avez déjà vu la consigne à parapluies à l’entrée des musées et des hôtels.

 l’entrée des magasins et des restaurants, vous introduisez votre parapluie dans un porte-housses qui vous l’enrobe d’un plastique protecteur. Pas très écologique, mais très pratique.

On peut acheter des parapluies partout, principalement des transparents.

Mais le must reste le grand portefeuille frotti-frotta (je ne sais pas comment appeler ça):

Démonstration avec des salarymen:

Je suis allé à Harajuku pour voir les jeunes Japonaises se plonger dans le shopping sur ces Champs-Elysées tokyoïtes, mais vu les trombes d’eau qui se déversaient,  le projet était gravement compromis.

 la place, je suis allé voir les estampes d’ukiyo-e de Hiroshige. Magnifique! Mais interdit de faire des photos.

En voici une très connue:

Ça ne me changeait pas beaucoup du quotidien!

😊

Les deux faces de Shinjuku

Shinjuku est divisé en deux parties, avec la gare et ses voies ferrées comme axe séparateur. D’un côté, la mairie, les gros buildings, les grands hôtels, dont le Plaza, de l’autre côté les néons, l’agitation, les cinémas, les magasins d’électronique. Ni l’un ni l’autre ne me conviennent vraiment, mais c’est une expérience assez fascinante.

  

    

      

Dans la partie des gratte-ciel, là encore, les clochards sont présents. Et le contraste est encore plus frappant entre cette sorte d’Alphaville sans âme et une humanité singulière qui s’exprime au travers d’une gestion très organisée de la misère.

  

      

 

Je peux me tromper, mais je ne crois pas qu’il y a énormément de personnes en situation très précaire au Japon. Cependant, la société japonaise devient de plus en plus inégale comme toute société qui choisit la voie néolibérale.

Les bâches bleues que mentionnait Katia dans son commentaire protège les biens des sans-abris, mais sert effectivement au picnic des jeunes qui viennent jouir du début du printemps dans le parc. Je ne crois pas que c’est véritablement une concurrence. J’ai cependant été frappé par la manière de recréer un chez-soi pour ces marginalisés de la société, alors que pour beaucoup de jeunes le fait de se libérer de la famille est considéré comme nécessaire.

 

J’ai regardé la vue depuis le sommet de la mairie de Tokyo et j’ai vu ces bâches bleues comme des piscines privées vues par satellite sur Google Maps. Cela m’a donné envie de descendre les voir de plus près.

  

  

J’ai rencontré des jeunes passablement avinés, mais très enthousiastes et joyeux, et évidemment curieux par rapport à l’étranger que je suis. Un garçon trouvait que je faisais dandy, dandysm dans ce mauvais anglais qu’ils pratiquent. J’ai trouvé en librairie un livre sur the Japanese Dandy!

Ça me plaît assez.