Archives du 15 avril 2015

La nature s’immisce en ville

Dans cette mégalopole la nature est quand même présente. Dans les parcs bien sûr, mais aussi devant les maisons, dans des pots en terre, dans une ruelle, sous la forme d’un arbre qui se découpe au loin. Cela peut paraître dérisoire, mais la relation à la nature n’est pas transcendantale.

   

               

Depāto et konbibi

Deux types de magasins sont essentiels dans la vie des Japonais: le depāto et le konbini.

Le depāto, デパート, dont le nom vient de l’américain department store, est l’équivalent de nos grands magasins.

Le konbini, コンビニ, de l’américain convenience store, est une petite supérette de quartier, ouverte lingtemps, parfois  24 heures sur 24, et qui assure un rôle de proximité indispensable. C’est là que l’on peut retirer de l’argent aux distributeurs, acheter de quoi boire et se nourrir, y compris des repas chauds, acheter une chemise blanche pour le salaryman qui n’est pas rentré chez lui après avoir bu trop de saké avec les collègues, acheter une batterie pour son téléphone portable déchargé, etc.

C’est aussi là que l’on peut acheter un billet d’entrée pour le musée Ghibli, mais le distributeur est en japonais. Sinon, il faut avoir réservé son billet à l’étranger. De toute manière il n’y avait plus de place pour le mois à venir.

Un autre type de grand magasin, étourdissant et agressif, autant auditivement que visuellement, ce sont les magasins d’électronique et d’électroménager. Des annonces sonores et des jingles incessants et une foule de panneaux, de caractères, de couleurs criardes dans une lumière crue, surexposée.

Des Chinois débarquent par avions entiers pour acheter des Rice cookers. Moins cher et de meilleure qualité qu’en Chine. Les haut-parleurs déversent des annonces en japonais, chinois et anglais. Tax free, discount, Visa card! On chiffre à un milliard de dollars les achats effectués par les Chinois au Japon lors des vacances de nouvel-an 2014. Et c’est maintenant au tour des Thaïs: 657’570 sont venus en 2014, selon le Japan Times. Il y a des avions low-cost, il n’y a plus besoin de visa, les articles de maquillage sont moins chers et ils aiment le mont Fuji.

Les Japonais aiment le golf. Ils pensent surtout que c’est un moyen d’ascension sociale. Pas sûr que le look Hello Kitty leur fasse gagner les faveurs de leur supérieur.

Des machines â laver maquillées comme des camions volés!

Un mur entier de climatiseurs, indispensables l’été lorsqu’il fait 40 degrés et 100 % d’humidité. Par contre, c’est une aberration énergétique dans ce pays où plus aucune centrale nucléaire ne fonctionne sur les 48 en état avant Fukushima.

Pour une centaine de francs, une petite machine à laver la vaisselle transparente.

Et bien sûr les toilettes, que l’on trouve très japonaises, alors qu’eux les trouvent occidentales. Les vraies toilettes japonaises sont des toilettes « à la turque »! Quelle salade de nationalités!

Même l’emballage du papier toilette est stylé.

Sweet tooth

Contrairement à une idée fort répandue sur l’inintérêt des desserts asiatiques, les Japonais raffolent de ce qui est sucré et il y a plein de douceurs délicieuses.

J’adore la glace au thé macha et les haricots azuki sucrés. Les pâtisseries de type occidental ont toujours une touche japonaise. Un merveilleux mont-blanc comme un animal bien peigné. Tout est beau (parfois plus beau que bon, malgré tout).

Il n’y a pas vraiment de cafés style bistrot à Tōkyō. Il y a des Starbucks et leurs équivalents japonais, des bars plutôt ouverts le soir et des lieux où on peut boire mais aussi manger à toute heure.ces lieux sont souvent etrès enfumés. Pas simple, donc, de trouver un endroit où se poser confortablement (et se sécher). Il faut aller dans des quartiers un peu plus branchés.

Et un glacier de Kyoto orgasmique. Tout est commandable

  

Le chat, le chien bonzai et autres animaux

e ne sais pas si c’est en raison du shintō qui honore un nombre infini de dieux présents dans toute espèce animée, mais les animaux occupent une grande place dans la sensibilité japonaise. Le chat (ici, un exemplaire du fameux maneki-neko dans une rue de Kyoto). François Laplantine montre (dans son excellent livre, Tokyo, ville flottante, que je vous conseille de lire) l’importance du chat pour les Japonais:

« Le chat est certainement l’animal favori du bestiaire romanesque au Japon, Il prend pendant l’époque Edo, la forme de Nekomata, le vieux chat à la queue fourchue, héros de nombreux livres d’histoires illustrées. Puis il poursuit sa carrière avec Le Bureau des chats de Miyazawa Kenji et avec Je suis un chat de Sôseki, l’un des romans fondateurs de la modernité japonaise, qui raconte la vie domestique d’un vieux professeur d’université à partir du regard sarcastique du chat de la maison et avec Le Chat, son maître et ses deux maîtresses de Tanizaki. Il parcourt, mais beaucoup plus discrètement, les Quatre sœurs de Tanizaki avec le chat Grelot et devient, sous le nom de Chibi, le personnage central du roman de Hiraide Takashi, Le Chat qui venait du ciel. Bref, il est rare de rencontrer un roman japonais dans lequel il n’y aurait pas au moins un chat, les plus âgés habitant comme il se doit le meilleur fauteuil de la maison tandis que des chatons jouent avec les rayons du soleil. Tous ces chats de papier doivent être mis en relation avec les images de chats omniprésentes dans la ville de Tokyo non seulement à travers la publicité, le commerce et la « communication » mais la religion elle-même. Au cimetière des chats de Go To Ku Ji, on se recueille devant des tombes étagées. Au temple Ji Cho In, on vient prier pour tous les chats du monde. Pourquoi le chat? Parce qu’il est indocile, inobéissant, égoïste. Il adore se prélasser au soleil au cours de très longues siestes. Il n’a pas un sens particulièrement prononcé de l’abnégation, du sacrifice, du travail, ni de la ponctualité. C’est le seul animal qui soit arrivé en retard à la mort de Bouddha. Cette félinophilie extrême nous met la puce à l’oreille. Elle nous permet de comprendre que le Japon a absolument besoin de chats pour contrebalancer sa tendance disciplinaire. Ils agissent en quelque sorte, ainsi que l’avait bien vu Chris Marker lors de son voyage à Tokyo, comme une espèce de « contre-pouvoir ».

Et le café des chats

Un chat d’Hiroshige:

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La souris 😊  Et les mangas de souris de Hokusai:

  
Une chaîne de magasins vendant (très cher) des chiens miniatures, style bonsaï.         Il y a aussi cet endroit où on peut caresser des lapins. L’éléphant (Hisanobu, 1729) Le sanglier au musée national:   Elégance dans le parc d’Ueno! Et ceux-là, ne sont-ils pas trognons!

Au musée

En prenant cette photo au musée d’art occidental, j’avais l’impression que je rentrais dans la culture japonaise.

Trouver la bonne distance et la bonne hauteur pour voir les choses.

Quelques œuvres du musée national â Tōkyō.

Un objet rituel aïnou pour assurer une pêche fructueuse.

Ce qui est impressionnant dans ces armures de samouraï, ce sont les dessins préparatoires, entre tatouage et art brut.

Les cerisiers en laque.

Une estampe d’Hiroschige,

La pointe d’un sabre de samouraï.

Au musée d’art moderne de Kyoto:

 

Objets pratiques

Pourquoi n’a-t-on pas chez nous ces inventions qui rendent la vie plus agréable, comme la consigne à parapluies?

En voici d’autres.

Les pinces pour attraper les objets en hauteur dans les magasins:

L’appareil à rincer le riz:

Le réchaud intégré à la table:

Le réchaud de table qui cuit les boulettes de seiche à la vapeur:

Le yeux globuleux anti-capitons:

Des distributeurs de titres de transport vraiment intelligents et la carte suica ou pasmo:

L’antivol pour les valises dans le train:

Mon rêve, c’est la machine à nouilles, ramen, soba, udon et autres. Malheureusement en 110 volts!

Il n’y a qu’un objet que j’ai trouvé dans une chambre d’hôtel dont je ne trouve pas l’usage. Qui a une idée?