Le chat, le chien bonzai et autres animaux

e ne sais pas si c’est en raison du shintō qui honore un nombre infini de dieux présents dans toute espèce animée, mais les animaux occupent une grande place dans la sensibilité japonaise. Le chat (ici, un exemplaire du fameux maneki-neko dans une rue de Kyoto). François Laplantine montre (dans son excellent livre, Tokyo, ville flottante, que je vous conseille de lire) l’importance du chat pour les Japonais:

« Le chat est certainement l’animal favori du bestiaire romanesque au Japon, Il prend pendant l’époque Edo, la forme de Nekomata, le vieux chat à la queue fourchue, héros de nombreux livres d’histoires illustrées. Puis il poursuit sa carrière avec Le Bureau des chats de Miyazawa Kenji et avec Je suis un chat de Sôseki, l’un des romans fondateurs de la modernité japonaise, qui raconte la vie domestique d’un vieux professeur d’université à partir du regard sarcastique du chat de la maison et avec Le Chat, son maître et ses deux maîtresses de Tanizaki. Il parcourt, mais beaucoup plus discrètement, les Quatre sœurs de Tanizaki avec le chat Grelot et devient, sous le nom de Chibi, le personnage central du roman de Hiraide Takashi, Le Chat qui venait du ciel. Bref, il est rare de rencontrer un roman japonais dans lequel il n’y aurait pas au moins un chat, les plus âgés habitant comme il se doit le meilleur fauteuil de la maison tandis que des chatons jouent avec les rayons du soleil. Tous ces chats de papier doivent être mis en relation avec les images de chats omniprésentes dans la ville de Tokyo non seulement à travers la publicité, le commerce et la « communication » mais la religion elle-même. Au cimetière des chats de Go To Ku Ji, on se recueille devant des tombes étagées. Au temple Ji Cho In, on vient prier pour tous les chats du monde. Pourquoi le chat? Parce qu’il est indocile, inobéissant, égoïste. Il adore se prélasser au soleil au cours de très longues siestes. Il n’a pas un sens particulièrement prononcé de l’abnégation, du sacrifice, du travail, ni de la ponctualité. C’est le seul animal qui soit arrivé en retard à la mort de Bouddha. Cette félinophilie extrême nous met la puce à l’oreille. Elle nous permet de comprendre que le Japon a absolument besoin de chats pour contrebalancer sa tendance disciplinaire. Ils agissent en quelque sorte, ainsi que l’avait bien vu Chris Marker lors de son voyage à Tokyo, comme une espèce de « contre-pouvoir ».

Et le café des chats

Un chat d’Hiroshige:

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La souris 😊  Et les mangas de souris de Hokusai:

  
Une chaîne de magasins vendant (très cher) des chiens miniatures, style bonsaï.         Il y a aussi cet endroit où on peut caresser des lapins. L’éléphant (Hisanobu, 1729) Le sanglier au musée national:   Elégance dans le parc d’Ueno! Et ceux-là, ne sont-ils pas trognons!

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4 réflexions sur “Le chat, le chien bonzai et autres animaux

  1. Helene dit :

    Es-tu allé au parc a lapins?

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  2. […] complète aussi des pages antérieures. Ainsi, vous pouvez aller voir les ajouts sur la page consacrée au chat, et une nouvelle vidéo sur la page du […]

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