Archives Mensuelles: mai 2015

La fin

Ca y est, c’est la dernière page. J’attendais d’avoir vu l’exposition du Kunstmuseum de Zurich consacrée aux influences japonaises sur la peinture occidentale (c’est-à-dire essentiellement française) du XIXe siècle, pour terminer ce blog, en quelque sorte boucler la boucle. Ainsi, après avoir vu le musée de la peinture occidentale à Tokyo, je suis allé dans un musée occidental voir de l’art japonais, mais là, de nouveau, surtout des œuvres occidentales. L’exposition Inspiration japonaise « fait référence à une attitude, à une véritable passion pour la culture et l’art japonais, qui commença à se manifester en France après l’ouverture du Japon au monde extérieur sous la pression des Américains, en 1854 – et qui prit la forme d’une frénésie de collection et d’un intérêt à la fois littéraire et artistique pour ce pays «redécouvert». »    Si certaines filiations sont évidentes, d’autres sont plus difficiles à défendre. Même si l’intérêt de Gauguin pour le Japon est certifié et que l’on sait qu’il possédait un certain nombre d’oeuvres de ce pays, que les couleurs en à plat rappellent les estampes, le rapport pictural est loin d’être évident.      Par contre, le jardin des iris à Tokyo, même s’ils ne sont pas encore en fleurs, évoque bien un intime rapport végétal et culturel entre deux cultures, deux époques, deux espaces.              Les chrysanthèmes symbole impérial :      Dix jours au Japon changent le regard et le retour en Suisse agit comme un choc en retour de celui éprouvé lors de l’arrivée à Tokyo. La Suisse, pourtant « propre en ordre », semble sale et peu civilisée. Et l’on comprend mieux le « syndrome de Paris » qui peut s’emparer des Japonais à leur arrivée en Europe. Wikipedia définit ainsi ce syndrome:

Le syndrome de Paris (パリ症候群Pari shōkōgun) est un trouble psychologique transitoire rencontré par certaines personnes, en visite ou en vacances à Paris. Analogue aux syndromes de Stendhal et de Jérusalem, cette affection toucherait plus particulièrement les touristes japonais qui, désemparés par l’écart entre la réalité et leur vision idéalisée de la ville, comme le Montparnasse des Années folles ou le Paris d’Amélie Poulain, se retrouvent désillusionnés et déstabilisés par le fossé culturel entre la France réelle et l’image qu’on s’en fait au Japon.

Et la chaîne M6, tout en finesse, au travers de son reportage sur ce syndrome, nous en apprend plus sur la France et le regard que ses médias portent sur l’étranger, que sur les états d’âme des touristes japonais:

Plus sérieux, ici:

Voilà. Prochain blog sur le Japon lors du prochain voyage, je ne sais pas encore quand…

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Fūdo

En guise de première conclusion, je laisse la parole à Augustin Berque qui a rédigé la notice consacrée au milieu humain dans l’excellent Vocabulaire de la spatialité japonaise, et y ajoute trois photos.

Un hito, 人 dépouillé de son aida  ?

 
La fast-fūdoïsation ?

  

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Comment l’environnement naturel et le milieu humain ont été modifiés par la modernité néolibérale?

  
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Honne et tatemae

Honne et tatemae décrivent le contraste entre les sentiments et les désirs véritables de quelqu’un (本音 honne, ce que l’on pense vraiment) et les comportements et opinions qu’il affiche en public (建前 tatemae lit. « façade »). Le site nippophile Kanpai! en donne une bonne définition.

La compréhension de ces 2 concepts et le pourquoi de leur prégnance dans la vie quotidienne des Japonais est l’un des points qui énervent le plus souvent les étrangers. De nombreux expatriés vous expliqueront ainsi qu’ils n’en peuvent plus de ne pas voir les Japonais exprimer réellement leur pensée et s’affirmer dans la société.
Cela vient notamment d’une dissension culturelle créée par le fait qu’en occident, cacher son opinion (sa « vérité ») est considéré comme de l’hypocrisie. Au contraire, affirmer ses choix et prérogatives marque de la confiance en soi, du charisme et est valorisé sur de nombreux plans.
Alors qu’au Japon, culturellement, le bien-être de la société prime sur l’opinion de l’individu ; il est donc capital de dissocier « Honne » et « Tatemae« . Contrairement à ce qui peut être perçu par les étrangers, cela ne se fait pas de manière négative et marque au contraire un respect vis-à-vis de son interlocuteur.

Cette opposition décrit aussi la tendance à n’agir qu’en surface et à mettre de côté ce qui compte vraiment. Cela recouvre également l’hypocrisie de la société, et l’application de ses règles et de ses lois. Par exemple, comme le jeu est interdit au Japon, on ne peut pas gagner d’argent dans les pachinko, seulement de petits prix symboliques. Mais ces prix peuvent être échangés dans le magasin voisin contre de l’argent!

  
Se conformer à un modèle qui ne reflète pas sa pensée est souvent expliqué par la nécessité de vivre en commun dans un pays de fortes densités démographiques sur un espace restreint. Ainsi, les Japonais éviteraient les conflits pour assurer la cohésion de la société.

Wikipedia ajoute:

The conflict between honne and giri (social obligations) is one of the main topics of Japanese drama throughout the ages. For example, the protagonist would have to choose between carrying out his obligations to his family/feudal lord or pursuing a clandestine love affair.
The same concept in Chinese culture is called inside face and outside face, and they also frequently come into conflict.
Contemporary phenomena such as hikikomori and parasite singles are seen as examples of late Japanese culture’s growing problem of the new generation growing up unable to deal with the complexities of honne–tatemae and pressure of an increasingly materialist society.

Les célèbres nouilles instantanées japonaises Cup Noodle ont mis en scène le concept dans une de leurs publicités: