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La fin

Ca y est, c’est la dernière page. J’attendais d’avoir vu l’exposition du Kunstmuseum de Zurich consacrée aux influences japonaises sur la peinture occidentale (c’est-à-dire essentiellement française) du XIXe siècle, pour terminer ce blog, en quelque sorte boucler la boucle. Ainsi, après avoir vu le musée de la peinture occidentale à Tokyo, je suis allé dans un musée occidental voir de l’art japonais, mais là, de nouveau, surtout des œuvres occidentales. L’exposition Inspiration japonaise « fait référence à une attitude, à une véritable passion pour la culture et l’art japonais, qui commença à se manifester en France après l’ouverture du Japon au monde extérieur sous la pression des Américains, en 1854 – et qui prit la forme d’une frénésie de collection et d’un intérêt à la fois littéraire et artistique pour ce pays «redécouvert». »    Si certaines filiations sont évidentes, d’autres sont plus difficiles à défendre. Même si l’intérêt de Gauguin pour le Japon est certifié et que l’on sait qu’il possédait un certain nombre d’oeuvres de ce pays, que les couleurs en à plat rappellent les estampes, le rapport pictural est loin d’être évident.      Par contre, le jardin des iris à Tokyo, même s’ils ne sont pas encore en fleurs, évoque bien un intime rapport végétal et culturel entre deux cultures, deux époques, deux espaces.              Les chrysanthèmes symbole impérial :      Dix jours au Japon changent le regard et le retour en Suisse agit comme un choc en retour de celui éprouvé lors de l’arrivée à Tokyo. La Suisse, pourtant « propre en ordre », semble sale et peu civilisée. Et l’on comprend mieux le « syndrome de Paris » qui peut s’emparer des Japonais à leur arrivée en Europe. Wikipedia définit ainsi ce syndrome:

Le syndrome de Paris (パリ症候群Pari shōkōgun) est un trouble psychologique transitoire rencontré par certaines personnes, en visite ou en vacances à Paris. Analogue aux syndromes de Stendhal et de Jérusalem, cette affection toucherait plus particulièrement les touristes japonais qui, désemparés par l’écart entre la réalité et leur vision idéalisée de la ville, comme le Montparnasse des Années folles ou le Paris d’Amélie Poulain, se retrouvent désillusionnés et déstabilisés par le fossé culturel entre la France réelle et l’image qu’on s’en fait au Japon.

Et la chaîne M6, tout en finesse, au travers de son reportage sur ce syndrome, nous en apprend plus sur la France et le regard que ses médias portent sur l’étranger, que sur les états d’âme des touristes japonais:

Plus sérieux, ici:

Voilà. Prochain blog sur le Japon lors du prochain voyage, je ne sais pas encore quand…

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Commémorations

Je suis arrivé au Japon peu avant le 7 avril, date symbolique qui marque la commémoration de la destruction du cuirassé Yamato. Il ne s’agit évidemment pas de commémorer la victoire des Américains, mais bien de déplorer la perte de cet emblème de la puissance japonaise.

Wikipedia nous explique:

« Le Yamato (大和), d’après l’ancien nom désignant le Japon, était un cuirassé de premier rang de la marine impériale japonaise, et le premier de la classe Yamato.
Avec son sister-ship, le Musashi (dont la carcasse a été retrouvée en mars de cette année à 1 000 m de profondeur par Paul Allen, cofondateur de Microsoft), le Yamato est le plus grand cuirassé jamais construit, déplaçant 65 027 tonnes, et armé de pièces de 460 mm, le plus gros calibre jamais monté sur un navire de guerre. »(
http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Yamato_(cuirassé))

  

Le 7 avril, donc, un hommage est rendu à Kure, dans la préfecture d’Hiroshima, aux 3000 Japonais morts lorsque la marine américaine a coulé le Yamato. Le service était dirigé par Kazushi Hiro, 91 ans et un des 276 survivants, devant une assemblée de 300 personnes.

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Le Yamato a été utilisé par la culture populaire à de nombreuses reprises pour le positionner dans des récits futuristes. Ainsi, l’anime de Leiji Matsumoto, Space Battleship « Yamato » (1974-1975) met en scène le Yamato récupéré du fond du Pacifique et converti en vaisseau spatial qui ira sauver la Terre et ses habitants du bombardement extra-terrestre qui la ravage. En 2012, une série télévisée en offre un remake, Space Battleship Yamato 2199 (宇宙戦艦ヤマト2199 Uchū Senkan Yamato Ni-ichi-kyū-kyū).

 

Le 8 avril, l’empereur et l’impératrice se rendent à Palaos (qui, tout comme la Micronésie et les îles Marshall, était sous contrôle japonais pendant la guerre) dans le cadre d’une visite commémorative en mémoire de ceux qui sont morts, civils ou militaires, lors de la Guerre du Pacifique.

En 1935, 50 000 ressortissants japonais vivaient dans ces îles, dépassant le nombre des habitants natifs, et beaucoup d’entre eux ne sont jamais revenus. Certains japonais, ne sachant pas que le Japon avait capitulé le 15 août 1945, s’étaient cachés dans la jungle jusqu’en avril 1947.

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Un sanctuaire shintô dans l’archipel de Palaos (© Damepo)

L’Empereur a aussi remercié les habitants pour s’être occupé des monuments funéraires construits par les familles endeuillées et d’avoir même récupéré les corps des victimes alors que la population locale avait, elle aussi, payé un lourd tribut. (http://www.japoninfos.com/le-couple-imperial-en-visite-a-palaos-09042015.html)

La télévision en a largement fait état:

Enfin, toujours dans le registre nationaliste,

Les visites officielles au sanctuaire Yasukuni ont toujours été une source de polémique au niveau diplomatique avec les voisins chinois et sud-coréen. Pour rappel, le Yasukuni rend honneur aux millions de japonais morts à la guerre, mais là où la controverse intervient, c’est que parmi ces morts figurent des criminels de guerre de classe A.

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Cette année marquant le 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale, Shinzô Abe préfère éviter des tensions inutiles qui le discréditeraient auprès de ses homologues. Le Premier ministre japonais souhaite en effet pouvoir rencontrer officiellement le président chinois Xi Jinping ainsi que la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, et le moindre faux pas pourrait réduire les chances d’une telle réunion. Les conflits territoriaux autour des îles Senkaku avec la Chine, et la non-reconnaissance des « femmes de réconfort » avec la Corée du Sud restent encore des problématiques majeures non résolues.
Shinzô Abe se rendra les 22 et 23 avril en Indonésie mais il devrait cependant faire offrande d’un arbre sacré au sanctuaire. Un geste qui sera probablement très mal vu au niveau international, mais qui a pour but de rester en bons termes avec les conservateurs qui le soutiennent.
La dernière visite du Premier ministre japonais remonte à décembre 2013, et cela avait fait couler beaucoup d’encre. Depuis, les visites de ses ministres ou d’autres parlementaires sont toujours très critiquées par Pékin et Séoul.
(Source: The Japan Times, rapporté par Japon infos)

Entre Orient et Occident

En 1868, le Japon s’ouvre au monde extérieur après une longue période de fermeture et d’isolement. Cette date marque lee début de la modernisation du pays et le passage à un régime industriel. Le prince Matsuhito succède à son père et devient empereur. Il initie la restauration de Meiji qui marque la fin du shogunat et la restauration du pouvoir de l’empereur. Cette période ouvre le Japon sur l’Occident qui exercera une influence notable sur la société. Le sanctuaire shinto de Tokyo, le Meiji-jingu, rend hommage à l’empereur Meiji et à l’impératrice Shoken. Le sanctuaire loge au centre d’un immense parc, constitué de cent mille arbres provenant de tout le Japon, qui contraste avec la ville environnante. Il est possible d’acheter de petites plaques de bois sur lesquelles on inscrit ses voeux. Elles seront accrochées par des prêtres lors d’une cérémonie. On peut également tirer un numéro au sort qui vous donne droit à une maxime écrite par l’impératrice ou l’empereur, poème dont le sens doit vous éclairer. Voici celui que j’ai tiré: Le recueil de pensées de l’empereur: Le jardin doit être magnifique lorsque les 150 variétés d’iris sont en fleurs.    Symboles de l’intérêt de l’empereur pour l’alcool  et de son ouverture à l’Occident, deux murs de tonneaux se font face, l’un de crus prestigieux de bourgogne, l’autre de saké de diverses provenances. Après la défaite de 1945, le Japon sera occupé par les Américains qui exerceront une influence notable sur la société. Aujourd’hui encore, le baseball est un des sports favoris des Japonais.

Toyota a d’ailleurs réalisé une pub magnifique (quoique un peu longue) pour la déclinaison sportive de ses modèles, les G’s (qui n’existent qu’au Japon, où la Prius est l’Aqua et la Yaris, la Vitz). Alors que chez nous ou aux Etats-Unis, l’image du conducteur de la Prius est celle d’un quadra-quinqua bobo-écolo tranquille, au Japon, Toyota dynamise le modèle. Le film transforme la ville en gigantesque terrain de baseball et les passants en sportifs accomplis.

Autre pub Toyota d’anthologie, la Toyota Fun Chain:

qui s’inspire de la pub Cog de 2003 pour la Honda Accord:

Mais si l’on veut retrouver les créateurs à l’origine du concept, il faut se référer au film expérimental de Peter Fischli et David Weiss qui réalisaient déjà en 1987 Der Lauf der Dinge. En 2003, ils pensaient d’ailleurs à intenter un procès envers Honda.
En voici un extrait:

Les chaînes franchisées comme McDonald’s ou Starbucks pullulent, et de nombreuses autres pensent venir s’installer dans le pays. Vu à minuit à la télé, un cours de français qui vaut le déplacement.

Les Japonais

Je recommande vivement la lecture du livre de Karine Poupée très sobrement intitulé Les Japonais. Il vous fera faire un tour assez complet de la vie quotidienne des Japonais ainsi que du fonctionnement de cette société.

Elle écrit ainsi : « Perdurent au Japon des normes morales et un état d’esprit qui constituent une des raisons majeures de l’aptitude maintes fois démontrée du pays du Soleil-Levant à se relever des plus terribles épreuves. Ces caractéristiques essentielles ont pour noms : ponctualité, solidarité, politesse, civisme, courage, abnégation, sens du devoir et d’une utilité individuelle, respect, fidélité. Les conventions sociales japonaises, en famille, en amitié ou en affaire, ancrées dans la plupart des esprits, et qui pour certains puisent leur source dans le code d’honneur des samouraïs ou autre bréviaire fondateur, ne se transmettent pas dans les foyers, à l’école ou dans l’entreprise par simple souci ou orgueil de faire vivre le passé dans le présent, mais parce qu’elles ont, aux yeux des autochtones, prouvé leur efficacité  ou leur légitimité sur le plan sociétal, économique ou culturel, ou parcbe que des facteurs matériels (surpopulation des villes, séismes et autres fréquentes catastrophes naturelles) les rendent absolument indispensables. »

Chiaki, fan de yakitori!

  

Le repas chez mon hôte japonais, une spécialité d’Osaka que l’on prépare à table avec un ustensile spécial, les takoyaki.

Pachinko

  

L’appuie coude et la mollette stratégique (en quoi je ne sais toujours pas)

Je reviens sur le pachinko, après avoir essayé d’y jouer. Je n’ai pas compris grand chose, mais ne suis pas sûr qu’il y ait grand chose à comprendre. Le bruit est assourdissant et le son de toutes les machines se combinent pour former une sorte de nappe abrutissante. Alors, je l’ai remplacée par de la musique dans cette petite vidéo.

Mais c’est un artifice, et de retour en Suisse, j’ai trouvé sur Internet un déroulé des écrans de Juicy Honey avec le son. Montez le volume au maximum et multipliez-le par 300 machines, vous aurez l’ambiance sonore d’un pachinko.

Je ne crois pas qu’avec le son monté au bon niveau, c’est-à-dire assourdissant, vous teniez les 11 minutes 28 du clip.

Religions

La religion au Japon prend la forme d’un syncrétisme. Si l’on demande à un Japonais de quelle religion il est, la question le surprendra et il ne saura pas vraiment y répondre.

Les deux principales religions sont le shintoïsme, ancien culte animiste et chamanique, et le bouddhisme, importé de Chine en même temps que l’écriture en idéogrammes. A quoi s’ajoute le christianisme apporté par les Portugais. Il est ainsi possible de se marier dans une cérémonie empreinte de catholicisme et de se faire enterrer selon les rites shinto.

Les temples bouddhistes sont nombreux et très fréquentés. Les temples shintoïstes se remarquent par leur torii, portique délimitant l’espace sacré. Les jardins sont empreints de la notion d’impermanence propre au bouddhisme et du shinto des origines où les esprits se fondent dans la nature. Le bouddhisme zen importé au Xe siècle a particulièrment modelé les jardins en lieux de méditation.

  

          





 

Les cimetières, proches des lieux de vie, des terrains très convoités dans des villes où le prix du foncier est élevé. La quasi totalité des Japonais pratiquent la crémation.

    

Je passe à Tokyo dans un quartier qui semble être le lieu de vente des articles funéraires et des autels pour honorer les ancêtres.

   

   

Train, métro et compagnie

Tout ce qui est de l’ordre ferroviaire suscite un intérêt énorme chez un grand nombre de personnes au Japon. Avec la ponctualité, cela fait deux points communs avec la Suisse (même si chez nous, la ponctualité se perd un peu)!

Preuve en est le grand nombre de revues consacrées au rail:

L’artiste d’art brut Motooka Hidenori consacre beaucoup de son temps à dessiner des trains sous toutes leurs déclinaisons, réalisant là un inventaire infini et obsessionnel des locomotives japonaises.

  

Un moment fort du voyage, c’est de prendre le Shinkansen pour aller à Kyoto. Ce train à grande vitesse a été inauguré en 1964, pour les Jeux olympiques de Tokyo. L’attribution des Jeux de 2020 à nouveau à Tokyo fait l’objet d’une grande fièreté et apporte l’espoir d’un relèvement économique du pays.

Le départ de Tokyo, regarder par la fenêtre, un long travelling:

L’entrée du Shinkansen en gare de Kyoto (hommage aux frères Lumière?)

Tokyo Station est le terminus de cette rame Nozomi. A peine le train immobilisé, une nuée de femmes en rose se précipitent à l’intérieur du train pour les nettoyages. Les hôtesses s’en vont et des hommes en bleu assurent la logistique. Tout dénote une efficacité à la limite de l’hystérie.

  

  

Les gares de Tokyo sont de véritables villes en elles-mêmes, abritant grands magasins, restaurants, bureaux…  Prendre  le train à la gare  de Shibuya me plonge dans l’univers de Bladerunner de Ridley Scott.

Quelques images du métro, et sa signalétique impeccable (Zurich peut en prendre de la graine avec sa gare-aéroport où l’on ne trouve pas les indications nécessaires).

Un portillon kawaï!

L’omniprésence du portable. S’ils le consultent en permanence, par contre, ils ne téléphonent pas avec, signe de courtoisie.

Le métro s’arrêtant, comme les trains, avec ponctualité et toujours au même endroit, les queues se forment devant l’emplacement des portes.

Depāto et konbibi

Deux types de magasins sont essentiels dans la vie des Japonais: le depāto et le konbini.

Le depāto, デパート, dont le nom vient de l’américain department store, est l’équivalent de nos grands magasins.

Le konbini, コンビニ, de l’américain convenience store, est une petite supérette de quartier, ouverte lingtemps, parfois  24 heures sur 24, et qui assure un rôle de proximité indispensable. C’est là que l’on peut retirer de l’argent aux distributeurs, acheter de quoi boire et se nourrir, y compris des repas chauds, acheter une chemise blanche pour le salaryman qui n’est pas rentré chez lui après avoir bu trop de saké avec les collègues, acheter une batterie pour son téléphone portable déchargé, etc.

C’est aussi là que l’on peut acheter un billet d’entrée pour le musée Ghibli, mais le distributeur est en japonais. Sinon, il faut avoir réservé son billet à l’étranger. De toute manière il n’y avait plus de place pour le mois à venir.

Un autre type de grand magasin, étourdissant et agressif, autant auditivement que visuellement, ce sont les magasins d’électronique et d’électroménager. Des annonces sonores et des jingles incessants et une foule de panneaux, de caractères, de couleurs criardes dans une lumière crue, surexposée.

Des Chinois débarquent par avions entiers pour acheter des Rice cookers. Moins cher et de meilleure qualité qu’en Chine. Les haut-parleurs déversent des annonces en japonais, chinois et anglais. Tax free, discount, Visa card! On chiffre à un milliard de dollars les achats effectués par les Chinois au Japon lors des vacances de nouvel-an 2014. Et c’est maintenant au tour des Thaïs: 657’570 sont venus en 2014, selon le Japan Times. Il y a des avions low-cost, il n’y a plus besoin de visa, les articles de maquillage sont moins chers et ils aiment le mont Fuji.

Les Japonais aiment le golf. Ils pensent surtout que c’est un moyen d’ascension sociale. Pas sûr que le look Hello Kitty leur fasse gagner les faveurs de leur supérieur.

Des machines â laver maquillées comme des camions volés!

Un mur entier de climatiseurs, indispensables l’été lorsqu’il fait 40 degrés et 100 % d’humidité. Par contre, c’est une aberration énergétique dans ce pays où plus aucune centrale nucléaire ne fonctionne sur les 48 en état avant Fukushima.

Pour une centaine de francs, une petite machine à laver la vaisselle transparente.

Et bien sûr les toilettes, que l’on trouve très japonaises, alors qu’eux les trouvent occidentales. Les vraies toilettes japonaises sont des toilettes « à la turque »! Quelle salade de nationalités!

Même l’emballage du papier toilette est stylé.

Le chat, le chien bonzai et autres animaux

e ne sais pas si c’est en raison du shintō qui honore un nombre infini de dieux présents dans toute espèce animée, mais les animaux occupent une grande place dans la sensibilité japonaise. Le chat (ici, un exemplaire du fameux maneki-neko dans une rue de Kyoto). François Laplantine montre (dans son excellent livre, Tokyo, ville flottante, que je vous conseille de lire) l’importance du chat pour les Japonais:

« Le chat est certainement l’animal favori du bestiaire romanesque au Japon, Il prend pendant l’époque Edo, la forme de Nekomata, le vieux chat à la queue fourchue, héros de nombreux livres d’histoires illustrées. Puis il poursuit sa carrière avec Le Bureau des chats de Miyazawa Kenji et avec Je suis un chat de Sôseki, l’un des romans fondateurs de la modernité japonaise, qui raconte la vie domestique d’un vieux professeur d’université à partir du regard sarcastique du chat de la maison et avec Le Chat, son maître et ses deux maîtresses de Tanizaki. Il parcourt, mais beaucoup plus discrètement, les Quatre sœurs de Tanizaki avec le chat Grelot et devient, sous le nom de Chibi, le personnage central du roman de Hiraide Takashi, Le Chat qui venait du ciel. Bref, il est rare de rencontrer un roman japonais dans lequel il n’y aurait pas au moins un chat, les plus âgés habitant comme il se doit le meilleur fauteuil de la maison tandis que des chatons jouent avec les rayons du soleil. Tous ces chats de papier doivent être mis en relation avec les images de chats omniprésentes dans la ville de Tokyo non seulement à travers la publicité, le commerce et la « communication » mais la religion elle-même. Au cimetière des chats de Go To Ku Ji, on se recueille devant des tombes étagées. Au temple Ji Cho In, on vient prier pour tous les chats du monde. Pourquoi le chat? Parce qu’il est indocile, inobéissant, égoïste. Il adore se prélasser au soleil au cours de très longues siestes. Il n’a pas un sens particulièrement prononcé de l’abnégation, du sacrifice, du travail, ni de la ponctualité. C’est le seul animal qui soit arrivé en retard à la mort de Bouddha. Cette félinophilie extrême nous met la puce à l’oreille. Elle nous permet de comprendre que le Japon a absolument besoin de chats pour contrebalancer sa tendance disciplinaire. Ils agissent en quelque sorte, ainsi que l’avait bien vu Chris Marker lors de son voyage à Tokyo, comme une espèce de « contre-pouvoir ».

Et le café des chats

Un chat d’Hiroshige:

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La souris 😊  Et les mangas de souris de Hokusai:

  
Une chaîne de magasins vendant (très cher) des chiens miniatures, style bonsaï.         Il y a aussi cet endroit où on peut caresser des lapins. L’éléphant (Hisanobu, 1729) Le sanglier au musée national:   Elégance dans le parc d’Ueno! Et ceux-là, ne sont-ils pas trognons!

Objets pratiques

Pourquoi n’a-t-on pas chez nous ces inventions qui rendent la vie plus agréable, comme la consigne à parapluies?

En voici d’autres.

Les pinces pour attraper les objets en hauteur dans les magasins:

L’appareil à rincer le riz:

Le réchaud intégré à la table:

Le réchaud de table qui cuit les boulettes de seiche à la vapeur:

Le yeux globuleux anti-capitons:

Des distributeurs de titres de transport vraiment intelligents et la carte suica ou pasmo:

L’antivol pour les valises dans le train:

Mon rêve, c’est la machine à nouilles, ramen, soba, udon et autres. Malheureusement en 110 volts!

Il n’y a qu’un objet que j’ai trouvé dans une chambre d’hôtel dont je ne trouve pas l’usage. Qui a une idée?