Archives de Catégorie: Sur la toile

Commémorations

Je suis arrivé au Japon peu avant le 7 avril, date symbolique qui marque la commémoration de la destruction du cuirassé Yamato. Il ne s’agit évidemment pas de commémorer la victoire des Américains, mais bien de déplorer la perte de cet emblème de la puissance japonaise.

Wikipedia nous explique:

« Le Yamato (大和), d’après l’ancien nom désignant le Japon, était un cuirassé de premier rang de la marine impériale japonaise, et le premier de la classe Yamato.
Avec son sister-ship, le Musashi (dont la carcasse a été retrouvée en mars de cette année à 1 000 m de profondeur par Paul Allen, cofondateur de Microsoft), le Yamato est le plus grand cuirassé jamais construit, déplaçant 65 027 tonnes, et armé de pièces de 460 mm, le plus gros calibre jamais monté sur un navire de guerre. »(
http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Yamato_(cuirassé))

  

Le 7 avril, donc, un hommage est rendu à Kure, dans la préfecture d’Hiroshima, aux 3000 Japonais morts lorsque la marine américaine a coulé le Yamato. Le service était dirigé par Kazushi Hiro, 91 ans et un des 276 survivants, devant une assemblée de 300 personnes.

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Le Yamato a été utilisé par la culture populaire à de nombreuses reprises pour le positionner dans des récits futuristes. Ainsi, l’anime de Leiji Matsumoto, Space Battleship « Yamato » (1974-1975) met en scène le Yamato récupéré du fond du Pacifique et converti en vaisseau spatial qui ira sauver la Terre et ses habitants du bombardement extra-terrestre qui la ravage. En 2012, une série télévisée en offre un remake, Space Battleship Yamato 2199 (宇宙戦艦ヤマト2199 Uchū Senkan Yamato Ni-ichi-kyū-kyū).

 

Le 8 avril, l’empereur et l’impératrice se rendent à Palaos (qui, tout comme la Micronésie et les îles Marshall, était sous contrôle japonais pendant la guerre) dans le cadre d’une visite commémorative en mémoire de ceux qui sont morts, civils ou militaires, lors de la Guerre du Pacifique.

En 1935, 50 000 ressortissants japonais vivaient dans ces îles, dépassant le nombre des habitants natifs, et beaucoup d’entre eux ne sont jamais revenus. Certains japonais, ne sachant pas que le Japon avait capitulé le 15 août 1945, s’étaient cachés dans la jungle jusqu’en avril 1947.

Sanctuaire-Palaos
Un sanctuaire shintô dans l’archipel de Palaos (© Damepo)

L’Empereur a aussi remercié les habitants pour s’être occupé des monuments funéraires construits par les familles endeuillées et d’avoir même récupéré les corps des victimes alors que la population locale avait, elle aussi, payé un lourd tribut. (http://www.japoninfos.com/le-couple-imperial-en-visite-a-palaos-09042015.html)

La télévision en a largement fait état:

Enfin, toujours dans le registre nationaliste,

Les visites officielles au sanctuaire Yasukuni ont toujours été une source de polémique au niveau diplomatique avec les voisins chinois et sud-coréen. Pour rappel, le Yasukuni rend honneur aux millions de japonais morts à la guerre, mais là où la controverse intervient, c’est que parmi ces morts figurent des criminels de guerre de classe A.

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Cette année marquant le 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale, Shinzô Abe préfère éviter des tensions inutiles qui le discréditeraient auprès de ses homologues. Le Premier ministre japonais souhaite en effet pouvoir rencontrer officiellement le président chinois Xi Jinping ainsi que la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, et le moindre faux pas pourrait réduire les chances d’une telle réunion. Les conflits territoriaux autour des îles Senkaku avec la Chine, et la non-reconnaissance des « femmes de réconfort » avec la Corée du Sud restent encore des problématiques majeures non résolues.
Shinzô Abe se rendra les 22 et 23 avril en Indonésie mais il devrait cependant faire offrande d’un arbre sacré au sanctuaire. Un geste qui sera probablement très mal vu au niveau international, mais qui a pour but de rester en bons termes avec les conservateurs qui le soutiennent.
La dernière visite du Premier ministre japonais remonte à décembre 2013, et cela avait fait couler beaucoup d’encre. Depuis, les visites de ses ministres ou d’autres parlementaires sont toujours très critiquées par Pékin et Séoul.
(Source: The Japan Times, rapporté par Japon infos)

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Complications à la japonaise

Le départ approche et j’ai l’impression de n’avoir rien eu le temps de préparer.

Même pas pensé à prendre un JR Rail Pass.
Il faut dire qu’une fois de plus ce n’est pas simple: l’abonnement qui permet de circuler en train au Japon ne peut être acheté au Japon. Il doit être acheté à l’étranger. C’est logique. On doit quand même le retirer au Japon, une fois muni de son visa de touriste.

Je passe un temps fou à chercher, et chercher à télécharger sur mon iPhone, une application de type Mobile CFF qui puisse m’orienter dans le dédale des transports publics japonais.

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Hyperdia semble être l’application idéale.

Capture d’écran 2015-04-02 à 12.36.16

Mais là, le problème est exactement à l’inverse de celui rencontré avec le JR Rail Pass. L’application n’existe pas sur l’App Store Suisse/Schweiz, mais existe par contre sur le français ou l’allemand. Impossible d’acheter une application à l’étranger avec une carte de crédit suisse. Il faudrait avoir acheté une carte iTunes en France ou en Allemagne. Je sais d’ailleurs que les fans de J-Pop achètent des cartes iTunes sur des sites japonais pour pouvoir télécharger la musique de leurs idoles favorites.

Bref, je vais me rabattre sur l’application en ligne Jorudan, nettement moins pratique.
Incroyable à quel point, pour un pays si moderne et aussi orienté design et packaging, les graphismes peuvent être moches:

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Autre question à régler, le wi-fi. Swisscom propose dans son cockpit un accès à 1 Go de données pour 99 francs.
Est-il possible de se passer de ce forfait? Difficile à dire.
Quelles possibilités?
Il existe une application qui liste les accès hi-fi gratuits: Japan Connected-free Wi-Fi.
Sinon, un accès payant à certains hotspots proposé par docomo: docomo Wi-Fi for visiter.
Ce n’est pas très cher, mais une fois de plus, très contraignant et bureaucratique, à la japonaise.

Il faut rentrer à chaque fois les données d’accès (comme vous le voyez, facilement mémorisables):

[SSID1/Security key]
0000docomo/A37D012786
[SSID2/Security key]
docomo/f3f3ccd45l
*You may not use SSID »0001docomo ».
[User ID]
fiektq6mr8r@visitor
[Password]
ZtWBU5wL

Youpie!

Repérer les hotspots se fait à l’aide de:

1. Les logos affichés (kawaï!):sticker1

2. La carte on-line: Capture d’écran 2015-04-02 à 18.13.52Vous remarquerez que pour une application exclusivement réservée aux visiteurs étrangers, le choix d’une carte entièrement en japonais est très pertinent!

Finalement, la meilleure solution semble être de louer un Pocket Wi-Fi, intelligente invention qui permet de créer un réseau Wi-Fi autour de soi à partir d’une petite boîte de 140 grammes. L’objet est livré à l’hôtel et on le jette dans une boîte aux lettres quand on part!
Mais pour ça, il faut s’y prendre à l’avance…
Comme d’hab!

Des journées avec beaucoup de Japon en tête!

Le 4 mars, un reportage d’Arte sur les femmes japonaises obligées de quitter leur emploi dès qu’elles ont un enfant: « Japon: mère ou travailleuse? ».


Sur le site d’Arte: « Dans les entreprises japonaises, la coutume veut qu’une Japonaise démissionne après son mariage, ou au plus tard lorsqu’elle est enceinte de son premier enfant. Celles qui s’y refusent, comme Sayaka Osakabe, peuvent voir leur vie tourner au cauchemar, victimes d’un harcèlement insidieux de leur employeur pour les pousser à la démission, le « mata-hara”, le harcèlement des mères dans les entreprises.
70% des Japonaises quittent leur travail lorsqu’elles ont un enfant… de gré ou de force : paroles désobligeantes, rupture de contrat, heures supplémentaires, parfois même obligation de réaliser des tâches physiques et éprouvantes. Là où beaucoup de femmes se taisent et craignent de remettre en cause la hiérarchie, Sayaka Osakabe est l’une des rares à avoir osé attaquer son entreprise devant les prud’hommes japonais, et à avoir obtenu gain de cause. Elle s’emploie depuis à aider d’autres victimes. D’autant que le Japon a désespérément besoin que ses femmes travaillent. La population active diminue inexorablement : 87 millions en 1995, 66 millions en 2013 et, selon des projections, 57 millions en 2030. »

Fuseaux horaires

Bien que géographe, je n’ai jamais été très doué pour les fuseaux horaires, ni pour le passage à l’heure d’été (on avance ou on recule?), ni pour la gauche et la droite. fuseaux Du coup, j’ai réservé une chambre pour le samedi 4. Mais si l’on ajoute les 7 heures de décalage aux 11 heures de vol, j’arrive le dimanche. Ca rappelle Phileas Fogg! world Du coup, j’ai annulé les bains près de Fukushima et dû me trouver une nouvelle chambre d’hôtel pour la nuit de mon arrivée. Ce sera le Asakusa View Hotel: 42510_14082117370021439554_800x600 Qui a une magnifique vue sur la Sky Tree Tower. Impressionnant la réservation en japonais: Capture d’écran 2015-03-28 à 11.02.07

Tokyo-Ga

Le documentaire le plus juste sur Tokyo que je connaisse, c’est un film méconnu de Wim Wenders, Tokyo-Ga.

Le film s’ouvre sur la voix de Wenders qui explique que sa vision du Japon est imprégnée des films de Yasujiro Ozu, en particulier Le voyage à Tokyo (東京物語, Tokyo monogatari). Le film commence ainsi par le commencement d’un autre film.

Wenders raconte en voix off:

Si notre siècle donnait encore sa place au sacré, s’il devait s’élever un sanctuaire du cinéma, j’y mettrais pour ma part l’oeuvre du metteur en scène japonais Yasujiro Ozu. Il a tourné 54 films. Des films muets dans les années 20, des films noir et blanc dans les années 30 et 40, et puis des films en couleurs jusqu’à sa mort en 1963, le 12 décembre, jour de son 60e anniversaire. Ses films racontent toujours avec des moyens réduits au minimum les mêmes histoires simples des mêmes gens dans la même ville: Tokyo. Cette chronique qui s’étend sur une quarantaine d’années enregistre la métamorphose de la vie au Japon. Les films d’Ozu parlent du lent déclin de la famille japonaise et par là même du déclin d’une identité nationale. Ils le font sans dénoncer ni mépriser le progrès et l’apparition de la culture occidentale ou américaine mais plutôt en déplorant avec une nostalgie distancée la perte qui a lieu simultanément. Aussi japonais soient-ils, ses films peuvent prétendre à une compréhension universelle. J’ai pu y reconnaître toutes les familles de tous les pays du monde, ainsi que mes parents, mon frère et moi-même. Pour moi, le cinéma ne fut jamais auparavant et plus jamais depuis si proche de sa propre essence et de sa détermination même, donnant une image utile, une image vraie de l’homme du XXe siècle qui lui sert non seulement à se reconnaître, mais surtout à apprendre sur lui-même.

Le film montre une salle de pachinko, ce qui nous renvoie à ce que Barthes écrivait à ce sujet dans L’Empire des signes:

Le Pachinko est une machine à sous. On achète au comptoir une petite provision de billes métalliques; puis, devant l’appareil (sorte de tableau vertical), d’une main l’on enfourne chaque bille dans une bouche, pendant que de l’autre, à l’aide d’un clapet, on propulse la bille à travers un circuit de chicanes. […] Le Pachinko est un jeu collectif et solitaire. […] On n’entend que le bruissement des billes propulsées (la cadence d’enfournement est très rapide); le hall est une ruche ou un atelier; les joueurs semblent travailler à la chaîne. Le sens impérieux de la scène est celui d’un labeur appliqué, absorbé; jamais une attitude paresseuse ou désinvolte ou coquette, rien de cette oisiveté théâtrale de nos joueurs occidentaux traînant par petits groupes désoeuvrés autour d’un billard électrique. […] À quoi sert cet art? à régler un circuit nutritif. La machine occidentale, elle, soutient un symbolisme de la pénétration: il s’agit, par un coup bien placé de posséder la pin-up qui, tout éclairée sur le tableau de bord, aguiche et attend. Dans le Pachinko, nul sexe (au Japon — dans ce pays que j’appelle le Japon — la sexualité est dans le sexe, non ailleurs; aux États-Unis c’est le contraire: le sexe est partout, sauf dans la sexualité).

Le pigeon voyageur

Toujours aucun hôtel la nuit de mon arrivée.
Les lieux touristiques à portée de Tokyo sont aussi pris d’assaut.
J’essaie alors Fukushima! Ca devrait être moins couru…
Et je tombe sur un onsen (bains thermaux) près des montagnes.

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C’est décidé, j’irai recharger mes batteries dans l’eau radioactive du Sansuiso Tsuchiyu Spa!
Reste à savoir si c’est accessible en transports en commun…
Je demande à l’hôtel, qui me répond avec clarté:

Request: Hello, I booked a room and I want to know how I can get to your hotel from Tokyo, by train (shinkansen). Is there a bus? How much is a taxi? Thank you. 
Response: The accommodation has told us that it is possible to arrange this. However, Sansuiso Tsuchiyu Spa is unable to guarantee it, and would like to specify that the request is subject to availability at the time of check in.

Je suis rassuré!
On verra plus tard.
Donc, du 4 au 6 avril, deux nuits.

Du 6 au 8, retour à Tokyo, Hotel Parkside à Ueno. L’extérieur est tellement moche qu’ils n’ont pas mis de photo!
Mais c’était disponible, et c’est à côté du joli parc d’Ueno.
Et puis le sol est bien ciré. Un rêve de Stéphane Lambiel ou de roulette de Samsonite.
Le mail de confirmation de la réservation atteint là encore le nirvana:

The charge is a change system that changes by the schedule
 of the stay on the season and a day of the week.

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Le 8 avril, départ pour Kyoto.
Point de vue disponibilité de logement, Kyoto, c’est pire que Tokyo. Ce qui n’est pas peu dire:
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Kyoto, ça évoque des ryokan et des cerisiers en fleurs, comme ça:

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En fait, ce sera plutôt ça (c’est le bunker du milieu):

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Soyons positifs! Le Urban Hotel Minami Kusatsu est à 20 minutes de train de Kyoto (autant dire que pour un Japonais, c’est la porte à côté), en face de la gare de Kusatsu, à côté d’un konbini Family Mart, et pas cher.
(Au Japon, un konbini (コンビニ), abréviation de l’anglais convenience store (コンビニエンスストア) est un commerce de proximité souvent ouvert 24h/24 et 7j/7. Wikipedia.)

Le 11 avril, retour à Tokyo et nouvel hôtel.
Pour une nuit, comme il n’y avait aucune chambre disponible au Washington du 11 au 12 (l’effet Saturday Night Fever?). En tout cas, il brille dans la nuit:

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J’ai une chambre dans l’annexe, c’est-à-dire le petit bâtiment où c’est écrit « Prince » (parce que l’hôtel s’appelle Shinagawa Prince Hotel).

caption

Et pour finir, après ces hôtels-bonbonnière, le gros morceau: le Shinjuku Washington Hotel.

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Celui-là, je le connais, parce que Florent Chavouet l’a dessiné:

Washington

Il est situé près de la mairie de Tokyo (très beau bâtiment de Kenzo Tange), en plein Shinjuku, à côté du mythique Park Hyatt du film de Sofia Coppola. Pas loin, le Keio Plaza où il y a les chambres Hello Kitty!

Plan_Shinjuku

Et après trois nuits de folie à Shinjuku, retour en Suisse le 15.

On prépare le voyage… c’est pas gagné!

Tokyo et son enchevêtrement d’immeubles (dessin de Florent Chavouet).

A l’attaque!
Chavouet-titre

Le billet d’avion est réservé, avec de la place pour les jambes.

Un nouvel appareil photo japonais, pour faire des photos japonaises.

Un nouvel iPhone pour ne pas avoir l’air préhistorique au pays de la technologie et pouvoir faire ce blog.


Reste à réserver les hôtels.

Et là, ça se gâte:

Capture d’écran 2015-03-22 à 17.06.54

93 % des chambres réservées, ne reste que des capsule hotels:

Capsule-Hotels-01

C’est la morgue!!

ALORS, JE CHERCHE, JE CHERCHE, JE CHERCHE…

Et je vois des choses incroyables.

Des superficies étonnantes

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Des chambres Hello Kitty!

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Des chambres exiguës et spartiates sur Airbnb!

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Et même une location de tente en plein Tokyo!

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MAIS UN LOGEMENT RELLEMENT DISPONIBLE: RIEN!