Kyoto et kimonos

Plus on se rapproche des lieux touristiques, plus les kimonos fleurissent. Beaucoup de touristes, y compris japonais, profitent d’être à Kyoto pour déambuler une journée dans la ville dans un kimono de location. L’habillage en lui-même prend déjà une heure.

Les hommes sont nettement moins nombreux à revêtir le vêtement traditionnel.

   

               

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Poissons et sushis

Je n’ai pas pu aller au grand marché de poissons de Tsukiji, mais j’ai quand même été au petit marché d’Ameya-Yokocho, près d’Ueno. Ancien marché noir après la guerre, il est spécialisé dans les fringues et le poisson.

        

Tout ça pour finir comme ça:

(une réplique en vitrine)

(la réalité)

Entre Orient et Occident

En 1868, le Japon s’ouvre au monde extérieur après une longue période de fermeture et d’isolement. Cette date marque lee début de la modernisation du pays et le passage à un régime industriel. Le prince Matsuhito succède à son père et devient empereur. Il initie la restauration de Meiji qui marque la fin du shogunat et la restauration du pouvoir de l’empereur. Cette période ouvre le Japon sur l’Occident qui exercera une influence notable sur la société. Le sanctuaire shinto de Tokyo, le Meiji-jingu, rend hommage à l’empereur Meiji et à l’impératrice Shoken. Le sanctuaire loge au centre d’un immense parc, constitué de cent mille arbres provenant de tout le Japon, qui contraste avec la ville environnante. Il est possible d’acheter de petites plaques de bois sur lesquelles on inscrit ses voeux. Elles seront accrochées par des prêtres lors d’une cérémonie. On peut également tirer un numéro au sort qui vous donne droit à une maxime écrite par l’impératrice ou l’empereur, poème dont le sens doit vous éclairer. Voici celui que j’ai tiré: Le recueil de pensées de l’empereur: Le jardin doit être magnifique lorsque les 150 variétés d’iris sont en fleurs.    Symboles de l’intérêt de l’empereur pour l’alcool  et de son ouverture à l’Occident, deux murs de tonneaux se font face, l’un de crus prestigieux de bourgogne, l’autre de saké de diverses provenances. Après la défaite de 1945, le Japon sera occupé par les Américains qui exerceront une influence notable sur la société. Aujourd’hui encore, le baseball est un des sports favoris des Japonais.

Toyota a d’ailleurs réalisé une pub magnifique (quoique un peu longue) pour la déclinaison sportive de ses modèles, les G’s (qui n’existent qu’au Japon, où la Prius est l’Aqua et la Yaris, la Vitz). Alors que chez nous ou aux Etats-Unis, l’image du conducteur de la Prius est celle d’un quadra-quinqua bobo-écolo tranquille, au Japon, Toyota dynamise le modèle. Le film transforme la ville en gigantesque terrain de baseball et les passants en sportifs accomplis.

Autre pub Toyota d’anthologie, la Toyota Fun Chain:

qui s’inspire de la pub Cog de 2003 pour la Honda Accord:

Mais si l’on veut retrouver les créateurs à l’origine du concept, il faut se référer au film expérimental de Peter Fischli et David Weiss qui réalisaient déjà en 1987 Der Lauf der Dinge. En 2003, ils pensaient d’ailleurs à intenter un procès envers Honda.
En voici un extrait:

Les chaînes franchisées comme McDonald’s ou Starbucks pullulent, et de nombreuses autres pensent venir s’installer dans le pays. Vu à minuit à la télé, un cours de français qui vaut le déplacement.

Les Japonais

Je recommande vivement la lecture du livre de Karine Poupée très sobrement intitulé Les Japonais. Il vous fera faire un tour assez complet de la vie quotidienne des Japonais ainsi que du fonctionnement de cette société.

Elle écrit ainsi : « Perdurent au Japon des normes morales et un état d’esprit qui constituent une des raisons majeures de l’aptitude maintes fois démontrée du pays du Soleil-Levant à se relever des plus terribles épreuves. Ces caractéristiques essentielles ont pour noms : ponctualité, solidarité, politesse, civisme, courage, abnégation, sens du devoir et d’une utilité individuelle, respect, fidélité. Les conventions sociales japonaises, en famille, en amitié ou en affaire, ancrées dans la plupart des esprits, et qui pour certains puisent leur source dans le code d’honneur des samouraïs ou autre bréviaire fondateur, ne se transmettent pas dans les foyers, à l’école ou dans l’entreprise par simple souci ou orgueil de faire vivre le passé dans le présent, mais parce qu’elles ont, aux yeux des autochtones, prouvé leur efficacité  ou leur légitimité sur le plan sociétal, économique ou culturel, ou parcbe que des facteurs matériels (surpopulation des villes, séismes et autres fréquentes catastrophes naturelles) les rendent absolument indispensables. »

Chiaki, fan de yakitori!

  

Le repas chez mon hôte japonais, une spécialité d’Osaka que l’on prépare à table avec un ustensile spécial, les takoyaki.

Pachinko

  

L’appuie coude et la mollette stratégique (en quoi je ne sais toujours pas)

Je reviens sur le pachinko, après avoir essayé d’y jouer. Je n’ai pas compris grand chose, mais ne suis pas sûr qu’il y ait grand chose à comprendre. Le bruit est assourdissant et le son de toutes les machines se combinent pour former une sorte de nappe abrutissante. Alors, je l’ai remplacée par de la musique dans cette petite vidéo.

Mais c’est un artifice, et de retour en Suisse, j’ai trouvé sur Internet un déroulé des écrans de Juicy Honey avec le son. Montez le volume au maximum et multipliez-le par 300 machines, vous aurez l’ambiance sonore d’un pachinko.

Je ne crois pas qu’avec le son monté au bon niveau, c’est-à-dire assourdissant, vous teniez les 11 minutes 28 du clip.

Religions

La religion au Japon prend la forme d’un syncrétisme. Si l’on demande à un Japonais de quelle religion il est, la question le surprendra et il ne saura pas vraiment y répondre.

Les deux principales religions sont le shintoïsme, ancien culte animiste et chamanique, et le bouddhisme, importé de Chine en même temps que l’écriture en idéogrammes. A quoi s’ajoute le christianisme apporté par les Portugais. Il est ainsi possible de se marier dans une cérémonie empreinte de catholicisme et de se faire enterrer selon les rites shinto.

Les temples bouddhistes sont nombreux et très fréquentés. Les temples shintoïstes se remarquent par leur torii, portique délimitant l’espace sacré. Les jardins sont empreints de la notion d’impermanence propre au bouddhisme et du shinto des origines où les esprits se fondent dans la nature. Le bouddhisme zen importé au Xe siècle a particulièrment modelé les jardins en lieux de méditation.

  

          





 

Les cimetières, proches des lieux de vie, des terrains très convoités dans des villes où le prix du foncier est élevé. La quasi totalité des Japonais pratiquent la crémation.

    

Je passe à Tokyo dans un quartier qui semble être le lieu de vente des articles funéraires et des autels pour honorer les ancêtres.

   

   

Hôtel # 4

En descendant du Shinkansen, je me rends dans le quatrième hôtel à Shinagawa, le Prince Hotel, pour une nuit.

C’est un hotel immense et labyrinthique qui domine la place de la gare. 

  

Je me perds dans les couloirs pour rejoindre la deuxième tour, je me trompe d’ascenseur en prenant l’express qui zappe les étages 8 à 20.

La chambre est un peu vieillotte, sans grand charme, mais lorsque j’ouvre les rideaux, je vois ceci, et en reste pétrifié:

   

Un club de karaoké. Ils ressemblent à une réception d’hôtel.

Le lendemain matin:

  

Nuit et jour. La différence est brouillée.

  

Le gourmet solitaire

Le gourmet solitaire est un manga de Jirô Taniguchi qui met en scène un homme seul dont les cheminements l’amènent à manger dans des gargotes de différents quartiers.

J’avais un peu ce livre en tête en pensant à mon séjour seul au Japon. Mon intérêt culinaire devait guider aussi mes pas!

Gourmet1 Gourmet2

Moi qui adore les gyozas, je n’en ai même pas mangés! Mais je ne suis bien rattrapé sur les ramen… extraordinaires nouilles japonaises.

Manger dans un bar à ramen, noyé dans les vapeurs des pâtes plongées dans l’eau bouillante, entre les cris des commandes et les bruyantes aspirations des voisins de comptoir, c’est une expérience à ne pas manquer.

Cette petite vidéo essaie d’en rendre compte. Je suis fasciné par la dextérité de la main qui façonne les raviolis.

Train, métro et compagnie

Tout ce qui est de l’ordre ferroviaire suscite un intérêt énorme chez un grand nombre de personnes au Japon. Avec la ponctualité, cela fait deux points communs avec la Suisse (même si chez nous, la ponctualité se perd un peu)!

Preuve en est le grand nombre de revues consacrées au rail:

L’artiste d’art brut Motooka Hidenori consacre beaucoup de son temps à dessiner des trains sous toutes leurs déclinaisons, réalisant là un inventaire infini et obsessionnel des locomotives japonaises.

  

Un moment fort du voyage, c’est de prendre le Shinkansen pour aller à Kyoto. Ce train à grande vitesse a été inauguré en 1964, pour les Jeux olympiques de Tokyo. L’attribution des Jeux de 2020 à nouveau à Tokyo fait l’objet d’une grande fièreté et apporte l’espoir d’un relèvement économique du pays.

Le départ de Tokyo, regarder par la fenêtre, un long travelling:

L’entrée du Shinkansen en gare de Kyoto (hommage aux frères Lumière?)

Tokyo Station est le terminus de cette rame Nozomi. A peine le train immobilisé, une nuée de femmes en rose se précipitent à l’intérieur du train pour les nettoyages. Les hôtesses s’en vont et des hommes en bleu assurent la logistique. Tout dénote une efficacité à la limite de l’hystérie.

  

  

Les gares de Tokyo sont de véritables villes en elles-mêmes, abritant grands magasins, restaurants, bureaux…  Prendre  le train à la gare  de Shibuya me plonge dans l’univers de Bladerunner de Ridley Scott.

Quelques images du métro, et sa signalétique impeccable (Zurich peut en prendre de la graine avec sa gare-aéroport où l’on ne trouve pas les indications nécessaires).

Un portillon kawaï!

L’omniprésence du portable. S’ils le consultent en permanence, par contre, ils ne téléphonent pas avec, signe de courtoisie.

Le métro s’arrêtant, comme les trains, avec ponctualité et toujours au même endroit, les queues se forment devant l’emplacement des portes.

La nature s’immisce en ville

Dans cette mégalopole la nature est quand même présente. Dans les parcs bien sûr, mais aussi devant les maisons, dans des pots en terre, dans une ruelle, sous la forme d’un arbre qui se découpe au loin. Cela peut paraître dérisoire, mais la relation à la nature n’est pas transcendantale.